Trois questions à Nadia Lamhaidi, professeur à l’ISIC

 
 
Maroc Hebdo International: Comment expliquez-vous la multitude de procès intentés à des tabloïdes arabophones?
-Nadia Lamhaidi: Un postulat s’impose. La condamnation d’un journaliste et la pénalisation d’un support d’information est toujours désolante. Il faudrait toutefois qu’on se mette d’accord sur une donnée fondamentale. La presse marocaine jouit d’une bonne marge de manœuvre. Cette liberté de ton a été acquise au prix d’efforts colossaux et d’engagements marathons. Un acquis qu’il nous appartient tous de conserver et de consolider. Et puis comme toutes les activités, la presse a des règles du jeu, qui gagneraient certes à être plus clarifiées, mais que tout un chacun se doit de respecter. On ne peut pas écrire n’importe quoi sous quelque prétexte que ce soit.
MHI: Comment se positionne la presse hebdomadaire arabophone dans le paysage médiatique marocain?
-Nadia Lamhaidi: Je vais parler spécifiquement des hebdomadaires politiques. Leur positionnement professionnel est basé sur les ressorts suivants: enquêtes, investigations, journalisme de terrain, parole directe ou indirecte des protagonistes concernés. Un créneau très prisé qui se démarque du ronronnement ambiant. Les choix se sont portés sur le scoop, la révélation, l’exclusivisme. Ils se sont aussi portés sur la conquête de citadelles qu’on pensait insaisissables: l’institution monarchique, l’institution de l’armée… Des thématiques conquises grâce au climat d’ouverture politique et du concept de gouvernance de proximité voulu par SM Mohammed VI. Ces modes n’ont pas tardé à tomber dans le réchauffé. Les mêmes thématiques sont reprises au gré des semaines par l’un ou l’autre titre.
MHI: Est ce qu’on pourrait qualifier les tabloïdes arabophones de presse de caniveau?
-Nadia Lamhaidi: Non! l’offre éditoriale de cette presse est de bonne facture. Il ne faut pas oublier que c’est une presse qui se structure de plus en plus. Les canards boîteux qui font dans le caniveau font dans le prêt à lire. Ils vendent du papier journal comme on vendrait des figues de barbarie. Le piquant en moins.
Propos recueillis par Bernichi.Loubna. Maroc Hebdo.2007

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